Acheter ses magazines en ligne ? Non merci !
Publié le 28 mai 2008 par Béatrice André / Web
Nous, peuple valeureux d’irréductibles francophones en terre hostile d’Amérique, nous rageons parfois de savoir nos cousins français assis sur une terrasse, sirotant un ballon de rouge sous le ciel de Paris en lisant un magazine de chez eux fraichement sorti de l’imprimerie. Dans certains cas, il nous faudra attendre un mois pour tourner les pages du cette même publication sous nos cieux montréalais. Un mois, c’est toute une éternité quand la passion pour un sujet nous consume…
Je pensais avoir trouvé le moyen d’éteindre les braises en m’abonnant au site de VirginMega. Il est possible d’y commander la version numérique de nombre de magazines imprimés en France. Pour celui qui m’intéressait, il m’a fallu débourser la somme considérable de 4,90 euros (soit 7,50 $), donner mon numéro de carte de crédit, mes coordonnées complètes, et installer un logiciel dont l’utilisation est obligatoire, les magazines étant vendus sous forme de fichiers maison autres que pdf.
Premier coup de gueule : seuls les utilisateurs de PC intéressent VirginMega ! Les autres sont priés d’aller se cultiver ailleurs. Pas de version Mac ! En 2008, faire acte volontaire de ségrégation informatique devrait être puni sévèrement par la loi. Nous sommes tous égaux en droits, qu’importe que nous préférions enrichir les coffres de Bill Gates ou ceux de Steve Jobs ! Si n’en avait tenu à mon intérêt pour le magazine que je souhaitais lire, j’aurais rageusement cliqué sur la petite croix qui ferme le site. Mais la passion a ses raisons que la raison ignore… J’ai donc poursuivi ma démarche.
Après avoir validé ma commande, la version numérique de mon achat s’est téléchargée miraculeusement sur mon ordinateur et s’est affichée dans le lecteur de VirginMega. Détestant lire à l’écran, j’ai souhaité tout d’abord sauvegarder le magazine en pdf afin de pouvoir me l’imprimer plus tard. Impossible… Mon investissement ne me permettait pas de disposer de la publication comme bon me semblait. Le logiciel obligatoire n’offre que deux options : la lecture sur l’ordinateur, ou l’impression immédiate sur papier. J’ai donc opté pour cette deuxième solution, me réjouissant déjà de pouvoir dévorer les pages du magazine à la maison, les doigts de pieds en éventails posés sur la table du salon. J’imprimais donc…
Deuxième coup de gueule ! Et première leçon de vie… Manger, s’abasourdir et hurler de rage en même temps est dangereux pour la santé. J’ai failli m’étouffer en constatant que toutes les pages imprimées étaient lestées d’une ligne de texte indiquant que le document est protégé ! Ligne qui, souvent, vient écraser ce qui est écrit en dessous et rend donc la lecture pénible et certains mots illisibles ! Je paye ainsi près de 5 euros pour obtenir une version numérique altérée d’un magazine parce que ceux qui le vendent n’ont pas trouvé de parade plus intelligente pour empêcher la libre circulation de leurs publications. Ont-ils seulement songé qu’il est aisément possible de numériser l’objet dès sa sortie en magasin et de le balancer le jour même en ligne ? Les internautes qui acceptent de payer cher pour obtenir une version numérique sont-ils tous des délinquants virtuels qu’il faut cadenasser pour les empêcher de nuire ?
L’industrie du commerce semble ne pas encore avoir compris que brimer les consommateurs, leurs alliés, ceux qui les nourrissent, ne peut en aucun cas être une réponse juste au piratage. L’industrie du disque a tenté d’imposer des cadenas numériques sur les fichiers musicaux vendus trop cher aux internautes. Puis elle a fait volte face devant l’échec total de sa stratégie et le vif mécontentement des consommateurs. Elle s’était auparavant mis à dos sa clientèle non virtuelle en tentant de l’empêcher de copier les disques compacts, usant de procédés souvent si lamentablement étudiés que les galettes étaient parfois avalées par des ordinateurs qui refusaient ensuite de les recracher ! Maintenant, ce sont les lecteurs de magazines qui payent les pots que l’industrie a cassés elle-même en négociant mal le virage de l’évolution technologique… Combien de guerres encore lui faudra-t-il mener et perdre avant de comprendre qu’à trop vouloir emprisonner les consommateurs dans des cellules numériques sur lesquelles elle n’a aucun contrôle, elle les pousse irrémédiablement vers la rébellion ?

3 commentaires pour “Acheter ses magazines en ligne ? Non merci !”
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28 mai 2008 à 3:22
5 Euros pour un magazine contenant des messages subliminaux en bonus, c’est pas cher payé après tout !
29 mai 2008 à 10:29
Vas-y Béa, mords leurs les cuisses à ces empaffés, c’est suffisement proches de leur cerveaux (ils s’assient dessus) qu’il parviendrais à comprendre. N’oublies pas de te désinfecter après!!!!
30 mai 2008 à 9:07
Va-y miss radada , fonce leur dans le lard ! , ils ne comprennent que cela ! je suis de tout coeur avec toi !
HP LOVECRAFT